Les droits humains : quelle importance pour vous ?

Les droits humains sont les plus belles récompenses que nous avons pu recevoir du simple fait d’être humains. Ils nous protègent et concourent au maintien de notre dignité, en tout temps et en tout lieu : ce sont des droits fondamentaux. Qu’il s’agisse du droit à la vie, du droit à la santé, du droit à l’éducation ou du droit à un logement décent, nos vies dépendent de ces droits et de leur effectivité. On dit qu’un droit est effectif lorsqu’on en jouit réellement, lorsqu’on en bénéficie pleinement.

Mais comment en sommes-nous arrivés à ces droits humains ? Et pourquoi sont-ils si importants ?

La naissance des droits

Comme nous, les droits humains ont aussi connu une naissance. Le problème avec leur naissance, c’est qu’il est difficile d’en déterminer la véritable date et, par conséquent, d’identifier leur véritable acte de naissance. Beaucoup s’accordent à considérer que les droits humains ont acquis une reconnaissance universelle le 10 décembre 1948 avec l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, souvent présentée comme leur acte de naissance symbolique.

Mais bien avant cela, plusieurs textes semblaient déjà annoncer l’émergence des droits humains. C’est notamment le cas de la Grande Charte des libertés d’Angleterre (1215), de la Charte de Kouroukan Fuga de l’Empire mandingue au Mali (1236), de la Petition of Right (1628), de l’Habeas Corpus Act (1679), du célèbre Bill of Rights (1689) ou encore de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789).

Cependant, ces textes demeuraient limités dans leur portée géographique, et ne prétendaient pas s’adresser à l’humanité tout entière. Ce n’est qu’en 1948 que les droits humains ont été proclamés avec une portée véritablement universelle par le biais de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ainsi, depuis cette déclaration, nul ne peut réfuter ce principe qu’elle a établi :

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

De même, tous les droits qu’elle consacre doivent être respectés partout et à tout moment.

Notons que même si la Déclaration n’est pas juridiquement contraignante pour les États, elle possède une forte valeur symbolique et morale qui en fait un texte incontournable dans la protection des droits humains. En outre, son renforcement juridique s’est poursuivi avec l’adoption, en 1966, des deux pactes internationaux qui viennent la compléter pour former ce que l’on appelle la Charte internationale des droits de l’homme.

Il s’agit du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Ces pactes ont une force contraignante et les États qui les ont ratifiés sont tenus de les respecter. C’est le cas du Bénin, de la France et de plus d’une centaine d’autres États.

Vous l’aurez donc compris : les droits humains n’existent réellement que par l’effet d’un texte juridique qui les consacre, qui les appelle à la vie.

Ils sont des droits universels, inhérents à toute personne humaine, inaliénables, imprescriptibles et interdépendants.

Mais vous pourriez légitimement vous demander :

“Pourquoi ces droits humains sont-ils si importants ?

En réalité, tous les droits humains constituent une condition essentielle de la dignité humaine. Leur importance est telle que lorsqu’une personne n’en jouit pas, son épanouissement personnel est menacé.

Nous avons dit plus haut que tous les êtres humains ont droit à la santé, à l’éducation et à un logement décent. Mais imaginez un instant qu’une personne ne vive pas dans un logement décent.

Son environnement n’est alors pas propice au maintien d’une bonne santé. Elle tombe malade et ne jouit donc plus pleinement de son droit à la santé. Si elle ne jouit pas de son droit à la santé, elle aura davantage de difficultés à étudier ou à acquérir de nouvelles compétences. Son droit à l’éducation se trouve alors affecté.

Par ricochet, une personne qui ne jouit pas de ses droits humains, de ses droits fondamentaux, est une personne atteinte dans sa dignité d’être humain.

Vous voyez donc comment la non-jouissance d’un seul droit peut affecter la jouissance de plusieurs autres droits. Les êtres humains étant tous égaux en dignité et en droits, l’urgence consiste aujourd’hui à garantir et à protéger les droits fondamentaux dont dépend toute vie digne.

C’est pourquoi il est de la responsabilité des États de mettre en place les mécanismes permettant la protection des droits fondamentaux de tous leurs citoyens ainsi que la réparation des éventuelles violations de ces droits. Heureusement, les efforts dans ce sens se sont multipliés dans plusieurs pays.

Au Bénin, par exemple, il existe une Cour constitutionnelle qui, parmi ses autres attributions, est chargée par la Constitution de garantir les droits fondamentaux de la personne humaine. C’est aussi le cas de la France où,« dans le cadre du contrôle de constitutionnalité des lois — a priori ou a posteriori —, le Conseil constitutionnel veille au respect des droits et libertés garantis par la Constitution. En particulier, il vérifie si les limitations à ces droits et libertés sont justifiées et proportionnées au regard de l’objectif poursuivi ». En plus de ces juridictions, plusieurs organisations non gouvernementales et associations mettent en œuvre des actions de plaidoyer, des projets et diverses activités afin de promouvoir les droits humains et de les protéger.

Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les droits humains sont constamment menacés. Si « une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier »1, alors un acte de justice accompli quelque part constitue une menace pour l’injustice dans le monde entier.

Dans notre quotidien, nous avons donc la responsabilité de cultiver les valeurs de fraternité, de solidarité et de tolérance à chaque instant. Les droits humains ont besoin de leurs héros pour être protégés, et les premiers héros de la protection de nos droits, c’est vous et moi, ensemble.

  1. Martin Luther King, ↩︎

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