À seulement 29 ans, Joris Griot est devenu l’une des voix les plus suivies de la vulgarisation juridique en France. Avec plus de 170 000 abonnés réunis autour de son média LeGuideJuridique, il prouve chaque jour qu’il est possible d’expliquer le droit simplement, sans jamais le simplifier. Rencontre.
Zorrooo : Tu es aujourd’hui suivi par plus de 170 000 personnes. Pourtant, rien ne te destinait forcément à devenir créateur de contenu juridique…
Joris Griot : Pas du tout. Je suis avant tout juriste. J’ai suivi un parcours classique en droit des affaires entre Aix-en-Provence et Montpellier avant de commencer ma carrière dans un service de protection juridique. Je répondais chaque jour aux questions de particuliers et de professionnels sur des sujets extrêmement variés : logement, travail, consommation, famille, immobilier…
C’est là que j’ai réalisé quelque chose de frappant : les gens ne manquent pas d’informations, ils manquent surtout d’informations fiables, compréhensibles et adaptées à leur situation.
Zorrooo : C’est ce constat qui a donné naissance au Guide Juridique ?
J.G. : Exactement. Pendant la crise sanitaire, en 2020, j’ai créé LeGuideJuridique avec une idée très simple : rendre le droit plus accessible. Beaucoup de personnes cherchent des réponses sur Internet, mais tombent sur des contenus contradictoires ou très techniques. Je voulais proposer une première réponse claire, pédagogique, tout en restant juridiquement rigoureux.
Zorrooo : Le succès est arrivé rapidement ?
J.G. : Pas immédiatement. Le vrai déclic est venu lorsque j’ai commencé à publier des questions très concrètes sous forme de questions-réponses. L’une des premières publications à exploser concernait une question assez inattendue : “Peut-on interdire à quelqu’un d’assister à son propre enterrement ?”
J’ai compris que les gens adorent découvrir le droit à travers des situations de la vie quotidienne, parfois insolites, mais toujours concrètes.
Zorrooo : Quels sujets intéressent le plus ta communauté aujourd’hui ?
J.G. : Tout ce qui touche au quotidien. Les droits des salariés, les relations de voisinage, la consommation, le logement… mais aussi les situations improbables qui permettent d’apprendre quelque chose. Par exemple : “Mon rendez-vous quitte le restaurant sans revenir, suis-je obligé de payer toute l’addition ?”
Ces formats montrent que le droit est partout dans notre vie.
Zorrooo : Pourquoi cette volonté permanente de vulgariser le droit ?
J.G. : Parce qu’une bonne réponse juridique ne sert à rien si personne ne la comprend. Dans mon métier, je forme aujourd’hui des juristes et j’encadre une équipe de huit collaborateurs. La pédagogie fait partie intégrante de mon quotidien.
LeGuideJuridique est finalement le prolongement naturel de cette mission : transmettre.
Zorrooo : Tu ne cherches donc pas à remplacer les professionnels du droit ?
J.G. : Absolument pas. L’objectif est de permettre aux personnes de mieux comprendre leurs droits, de savoir vers qui se tourner et d’arriver mieux informées lorsqu’elles consultent un professionnel. Informer n’a jamais remplacé le conseil juridique personnalisé.
Zorrooo : Le projet évolue aujourd’hui au-delà des réseaux sociaux…
J.G. : Oui. Après plusieurs années de développement, j’avais envie d’aller plus loin. Je commence à intervenir auprès d’écoles, de structures et d’organisations autour de la pédagogie juridique. J’accompagne également des professionnels qui souhaitent mieux communiquer sur leurs expertises.
Le droit a besoin d’être mieux expliqué.
Zorrooo : Tu publies également ton premier livre.
J.G. : Oui, C’est mon droit. Après plus de 700 publications sur les réseaux sociaux, beaucoup me disaient qu’il était difficile de retrouver une réponse précise. Le livre rassemble plus de 300 questions juridiques classées par thème : travail, consommation, famille, logement, santé, voisinage…
C’est une façon de proposer un support durable, que chacun peut consulter facilement.
Zorrooo : Comment imagines-tu la suite ?
J.G. : Je souhaite que LeGuideJuridique devienne une véritable référence pour le grand public. Continuer à développer de nouveaux formats, intervenir davantage, écrire, transmettre… toujours avec la même ambition : montrer que le droit appartient à tout le monde.
Parce que comprendre ses droits ne devrait jamais être un privilège.